Cinéma

A première vue, l’agencement et la décoration de Le Bistrot la Renaissance évoquent davantage la Belle Epoque que le siècle des Lumières.

A peine entré, on se retrouve face au comptoir de marbre et de bois, et on est presque aussitôt happé par l'accueil de l'équipe du Bistrot La Renaissance.

Le comptoir, cerné de quelques tabourets patinés par le temps, n’est qu’une antichambre, séparée de la grande salle par des boiseries surmontées de vitraux fleuris. Les ornements de cette dernière confirment cette impression de charme suranné, désuet : colonnades baroques et plafond doré, fresques de paysages romantiques d’un autre âge… il n’est pas difficile de se figurer une machine à remonter le temps, et on se prend à imaginer le lieu « avant ».

Le Bistrot la Renaissance a vu le jour en 1904. Et rien n’a bougé, ou presque, depuis 1920.

Presque tous les éléments, du carrelage géométrique au plafond doré, en passant par les néons émaillés de pièces de vitraux, sont d’époque. Jusqu’aux banquettes en skai, rénovées selon le style des années folles.

On les imagine occupées par des hommes vêtus de complets-vestons et de chapeaux melons, par des femmes moulées dans des robes cintrées, des gens dont les paroles se noient dans la fumée des cigarettes. On visualise une ambiance de Prohibition à la française. Dans ce cadre, le tournage d’un polar ne dépareillerait pas.

 

Les cinéastes ne s’y sont pas trompés. C’est ici que Claude Zidi tourna Les ripoux en 1984.

Mais il n’est pas le seul. Quentin Tarantino est venu y poser sa caméra pour des scènes de son  film : Inglourious Basterds. Ce qui fait véritablement l’histoire du lieu, c’est son cadre et son décors d'époque qui séduit les réalisateurs.

Il est alors facile de penser que les clients viennent ici pour « voir » et « toucher » : la table où se sont installés les inspecteurs Boisrond et Lesbuche, la banquette où Mélanie Laurent s’est assise dans Inglourious Basterds. Oui, Le Bistrot la Renaissance, il faut le connaître, ou avoir débusqué l’adresse dans un guide de Paris.

On imagine même des scénaristes et autres cinéastes en herbe prenant le bistrot d’assaut, lieu de prédilection s’il en est pour imaginer de futurs chef-d’œuvres.

 

Le Bistrot la Renaissance, c'est d'abord une brasserie discrète avec une clientèle de quartier. Pas grand-monde n’est au courant des aventures cinématographiques qui s’y déroulent entre la poire et le fromage. Le secret est bien gardé derrière les rideaux de dentelle, qui furent d’ailleurs posés pour Inglourious Basterds et qui, depuis, sont restés.

Les habitués disent du Bistrot la Renaissance, "c’est un cadre immuable qui permet de conserver une certaine authenticité « à la française »".

De cet héritage pittoresque, Le chef Benjamin a réinventé une cuisine savoureuse de bistrot mais également inspirée d'ailleurs.

Ainsi, on peut y déguster des œufs cocotte au cantal, la côte de boeuf d'Aubrac qui vient directement de l'Aubrac, le Colombo de Cabillaud aux haricotes verts, sa carte qui évolue et change avec les saisons, sans oublié un plat du jour original pour les travailleurs et habitués du quartier à 10€50...

Aujourd’hui, même si le quartier se « boboïse », Le Bistrot la Renaissance conserve le meilleur d’un passé révolu, et garde l'ambiance d'un bistrot de quartier avec ses habitués...


La liste des longs métrages à la Renaissance

  • Le Mouton Enragé (1974) de Michel Deville avec JL Trintignant, Romy Schneider, JP Cassel et Jane Birkin  (article dans le monde du 18/3/1974).
  • Les Ripoux (1984) puis le 2 (1989) de Claude Zidi avec Philippe Noiret et Thierry Lhermitte.
  • Le sang des autres (1984) de Claude Chabrol avec Jodie Foster, Michael Ontkean, Lambert Wilson, Sam Neil et Stéphane Audran (article de presse dans le Quotidien de Paris 12/8/1983). 
  • La petite voleuse (1988) de Claude Miller avec Charlotte Gainsbourg et Didier Bezace.
  • The Voyager (1991) de Volker Schlöndorff avec Sam Shepard, Barbara Sukowa et Julie Delpy.
  • Fanfan (1993) de Alexandre Jardin avec Sophie Marceau et Vincent Pérez.
  • Un Monde presque paisible (2002) de Claude Miller.

 

  • Après Vous (2004) de Pierre Salvadori avec Daniel Auteuil, José Garcia et Sandrine Kiberlain. 
  • Inglourious Basterds (2009) de Quentin Tarantino avec Brad Pitt, Mélanie Laurent, Christoph Waltz, Daniel Brühl et Diane Kruger (article dans le Parisien en décembre 2008).